LES CHANTS
 
- Chant de la Hutoise
- La Brabançonne
- Le chant des étudiants wallons
- Valeureux Liégeois
 
FOLKLORE
 
- Kwak
- Buffalo
- Le band et ses couleurs
- Le Fort
- La Croisade
- Les Septennales à Huy

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Chant de la Hutoise :

Sur l'air du chant "Le plaisir des dieux"

Dign’ héritiers, d’un comté viticole ;
Notr’ Briolet, et la Cuvée de Huy
Toujours assum’, nos envies de picoles
Et nous enivr’, jusqu’au bout de la nuit.
Prends une bonne bière en main pour qu’on à-fonne,
Car un hutois n’est jamais rassasié
Prends une bonne bière juste pour la déconne }
Car un hutois n’cess jamais d’guindailler } (bis)


Colin Maillart, nous a légué sa rage
Pour éloigner les jaloux étrangers ;
Et Buffalo, sa vitesse ravage.
Nos quatr’ Merveill’ sont en sécurité.
Prends une bonne bière en main pour qu’on à-fonne,
Car un hutois n’est jamais rassasié
Prends une bonne bière juste pour la déconne }
Car un hutois n’cess jamais d’guindailler } (bis)


A la Saint-Nic, les rhétos nous acclament.
Pendant l’quinz’ août, le pêket coule à flot ;
Et la Hutoiz, escorte Notre Dame.
Nous somm’ partout, bien avant les Agros.
Prends une bonne bière en main pour qu’on à-fonne,
Car un hutois n’est jamais rassasié
Prends une bonne bière juste pour la déconne }
Car un hutois n’cess jamais d’guindailler } (bis)


Grands étalons, nous ne craignons pas celles
Qui dans la nuit, soulèvent leur jupon ;
Irrésistibles, nous bourrons ces femelles ;
Jusqu’au matin, sans cess’ elles jouiront.
Prends une bonne bière en main pour qu’on à-fonne,
Car un hutois n’est jamais rassasié
Prends une bonne bière juste pour la déconne }
Car un hutois n’cess jamais d’guindailler } (bis)



By Julien Campan
Avec la participation de Olivier Masset & Julien  Lecherf

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La Brabançonne :

On ne chante d’habitude que le dernier couplet qui, par circulaire ministérielle du 8 août 1926, est le seul qui puisse être chanté dans les cérémonies officielles.

Après des siècles d’esclavages
Le Belge sortant du tombeau
A reconquis par son courage
Son nom, ses droits et son drapeau
Et ta main souveraine et fière
Désormais, peuple indompté
Grava sur ta vieille bannière
"Le Roi, la loi, la liberté."
Grava sur ta vieille bannière
"Le Roi, la loi, la liberté."

Marche de ton pas énergique,
Marche de progrès en progrès;
Dieu qui protège ta Belgique,
Sourit à tes mâles succès
Travaillons : notre labeur donne
A nos champs fécondité!
Et la splendeur des arts couronne
"Le Roi, la loi, la liberté."
Et la splendeur des arts couronne
"Le Roi, la loi, la liberté."

Ouvrons nos rangs à d'anciens frères,
De nous trop long temps désunis;
Belges, Bataves, plus de guerre,
Les peuples libres sont nos amis.
A jamais resserrons ensembles
Les liens de fraternité
Et qu'un même cri nous rassemble:
"Le Roi, la loi, la liberté."
Et qu'un même cri nous rassemble:
"Le Roi, la loi, la liberté."


O Belgique, O Mère chérie,
A toi nos cœurs, à toi nos bras;
A toi notre sang, mère patrie.
Nous le jurons tous tu vivras.
Tu vivras toujours grande et belle,
Et ton invincible unités,
Aura pour devise immortelle :
"Le Roi, la loi, la liberté."
Aura pour devise immortelle :
"Le Roi, la loi, la liberté."
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Le chant des étudiants wallons :

Que jusque tout au bord,
On remplisse nos verres,
Qu'on les remplisse encore,
De la même manière,
Car nous sommes les plus forts,
Buveurs de blondes bières...

Car nous restons, (todi)
De gais wallons, (à poil)
Dignes de nos aïeux nom de dieu,
Car nous sommes comme eux nom de dieu,
Disciples de Bacchus et du roi Gambrinus.


Nous ne craignons pas ceux,
Qui dans la nuit nous guettent,
Les Flamands et les gueux,
À la taille d'athlètes,
Ni même que les cieux
Nous tombent sur la tête…

Nous assistons aux cours,
Parfois avec courage,
Nous bloquons certains jours,
Sans trop de surmenage,
Mais nous buvons toujours
Avec la même rage...

Et quand nous fermons l'oeil,
Au soir de la bataille,
Pour fêter notre deuil,
Qu'on fasse une guindaille,
Et pour notre cercueil
Qu'on prenne une futaille...

Et quand nous paraîtrons,
Devant le grand Saint Pierre,
Sans peur nous lui dirons,
Qu'autrefois sur la Terre,
Grand saint nous n'aimions
Que les femmes et la bière...


Kwak, sache que le ‘’todi’’ et le ‘’à poil’’ ne se dit pas!  
Il fut introduit par les Flamands pour se moquer de nous!!!

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Valeureux Liégeois :

Valeureux Liégeois,
Fidèle à ma voix,
Vole à la victoire,
Et la liberté,
De notre cité,
Te couvrira de gloire.


César vainqueur de l'univers,
Te décerna le titre de brave,
Des romains tu brisas les fers,
Jamais tu ne vécus esclave.

Refrain

Célébrons par nos accords,
Les droits sacrés d'une si belle cause,
Et rions des vains efforts,
Que l’ennemi nous oppose.

Refrain

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IL ETAIT UNE FOIS LE «KWAK» :

Sur les origines étymologiques du Kwak, les experts se perdent en conjectures. Les explications pittoresques ne manquent d’ailleurs pas.

Certains romantiques ont voulu y voir une évocation du chant des grenouilles, le soir au bord de la Woluwe. Au temps où les batraciens woluwéens "kwassaient" en période des amours... D'autres, plus sémiologues, parlent d’une enseigne signifiant "A la Sornette" ou "A la Bagatelle" voire d’une enseigne tronquée intitulée originellement "In de Kwakel" (A la clef). Enfin, certains, plus éthyliques, on cru y reconnaître le vocable "Kwak" qui désigne en bruxellois une "goutte", "un coup à boire" !

Quant au grand livre de référence "Histoire de Woluwé-St-Lambert", il note avec intérêt l'existence d'un cours d'eau dénommé "Quakenbeek" (ruisseau du marécage) à Forest. Une étymologie qui s'appliquerait sans entrave au site du Kwak, en bordure de la Woluwe, à fond de vallée, lieu humide et marécageux par excellence.


Ceci dit, côté lorgnette historique, qui sait encore que l'estaminet "In de Kwak" n'est pas installé à l'emplacement où il naquit au XVIIIème siècle ? Sacrifié à l'expansion urbaine, le bistrot original a été rasé en 1938 pour laisser la place au bitume de la nouvelle avenue Emile Vandervelde. Le propriétaire obtint toutefois la reconstruction de son café à l'emplacement actuel. Fin du XVIIIème siècle, le Kwak appartient à Jean-André Orban, aubergiste et cultivateur namurois, qui sera le premier bourgmestre de Woluwé-St-Lambert de 1800 à 1808. Il se dresse au coin de la rue de Wezembeek, aujourd'hui disparue, et du chemin du Vellemolen, derrière le château du Slot. La Woluwe ruisselle à ses pieds, ce qui permettra la construction ultérieure d'une annexe sur les fondations d’un moulin.

Au XIXème siècle, le Kwak passe entre les mains du marquis de la Boersière. Le nouveau propriétaire le loue un temps avant de le revendre en 1909 aux époux Charles Abeloos et Elise Orban. Le lieu devient alors un but de promenade pour le Bruxellois où les tartines au "plattekeis" (fromage blanc bruxellois) sont réputées, sans oublier lambic, kriek (bières bruxelloises de fermentation spontanée), Delbruyère, spéciales, etc.

Le passé, ça a tout de même du bon ! Non peut-être...
(édition du journal Le Soir du 21 avril 1998)

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Buffalo :

Un sombre jour d'août, alors qu'il faisait une chaleur torride, un petit impertinent (même pas Kwak) vient défier le grand Buffalo Bill en duel. Il ne fit pas long feu!! Ensuite, notre Héros se rendit dans son bar préféré pour déguster une délicieuse Kwak!

Il poussa les portes battantes et traversa une épaisse couche de fumée. On pouvait y voir de vieux ivrognes, quelques cow-boys assoiffés et de vieilles putes un peu périmées.

Alors qu'il était tranquillement installé au comptoir avec son noble breuvage, le frère et les deux cousins du bâtard qu'il venait d'abattre entrèrent dans le saloon. Le frère dit: "Buffalo t'as tué mon frangin ! On va te faire la peau!!!".

Ils dégainèrent tous et une fusillade s'ensuivit. Buffalo eut le temps d'en tuer deux mais le troisième eut raison de lui. En temps normal, il n'aurait fait qu'une bouchée de ces avortons. Mais là, malheureusement, il était en train de boire sa bière de la main droite et il s'avère qu'il était droitier.

Suite à cela, sa famille et ses amis ont fondé une confrérie qu'on nomme les buffalos. Ces derniers ont pour seule loi de ne boire que de leur mauvaise main afin de ne jamais être surpris et de pouvoir dégainer aussi vite que possible. Si l'un d'eux surprenait un des membres à boire de l'autre main, il le ferait à-fonner de suite pour rappeler son écart de conduite mais aussi pour lui permettre de se défendre en cas d'attaque (les softs ne sont pas à à-fonner, Buffalo ne buvait pas des boissons de PD).

Pour entrer dans cette confrérie, il vous faudra passer une intronisation. Toute personne prise en défaut et refusant d'à-fonner serait immédiatement expulsée de la confrérie. Mais cela est un tel déshonneur que ça ne s'est encore jamais vu parmi nous!

NE SOIS PAS LE  PREMIER!!!

By Voodoo

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Le Band et ses couleurs :

Le band est constitué des couleurs de la ville de Huy qui sont :

- gueules
- or
- azur

Il est porté par les membres du comité et les assistants. Les comitards le portent sur l'épaule droite, tandis que les assistants le portent sur l'épaule gauche.

Sur le band, il y a  :

- L'écusson de la Ville de Huy
- Les insignes représentant les fonctions effectuées
- L'année d'intronisation Hutois (rem :  en chiffres romains pour les nobles fondateurs et en chiffres arabes pour les autres)

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Le Fort :

Endroit stratégique de défense et de surveillance, un éperon rocheux dominait de 60 mètres un petit marécage coincé entre Meuse et Hoyoux. Un gué sur la Meuse permettait alors le passage d’une rive à l’autre de cette voie idéale de communication. Enfin, l’énergie hydraulique fournie par le Hoyoux constituait un attrait supplémentaire qui attira les premiers « Hutois » sur le site.
La bourgade primitive, à l’époque romaine certainement, se développa autour et peut-être à la fois sur l’emplacement même du « Castrum » de la rive droite et dans la plaine de la rive opposée.
Dès le XIe siècle, au pied du rocher, Saint Materne aurait dédié à la Vierge un sanctuaire ancêtre de notre Collégiale.
Mais avant l’an 1000, l’histoire de Huy est en fait peu connue. Seuls quelques documents jettent un peu de lumière sur cette période demeurée obscure de la vie de notre cité. Son nom apparaît pour la première fois en 636 dans un testament ; mais dès le VIe siècle, on la devine évangélisée par l’évêque de Tongres, Saint Domitien, dont le tombeau devait rapidement devenir l’objet de la vénération des Hutois qui le choisirent comme Patron de la Ville. Cet effort de conversion fait surgir deux églises, dès le milieu du VIIe siècle : la plus ancienne dédiée à Notre Dame (634) et l’autre, située « sur le mont » (in monte), à Saint Côme.
Ces témoignages de vitalité indéniable sont confirmés et complétés par les observations de la numismatique. Marché régional et étape de batellerie, HUY offre l’aspect d’une de ces cellules économiques, petites mais très actives, qui caractérisent l’époque mérovingienne. Les monnaies qui furent frappées dans son atelier monétaire, entre 600 et 700, nous ont livré les noms des douze monétaires responsables, chiffre remarquablement élevé pour l’époque. Le quartier Batta accueille alors ses premières industries : fonderies de bronze, tailleurs de corne, d’os et potiers.
C’est pourtant un autre élément du site hutois qui va asseoir définitivement la fortune du lieu. En cristallisant la population au pied de ses défenses, le « Castrum » de HUY accentue le rôle de chef lieu régional que les conditions économiques tendaient à imposer.
Dans la nouvelle géographie administrative que l’empereur germanique Otton 1er met sur pied, HUY devint le siège d’un comté (941) qui n’eut cependant qu’une existence éphémère, puisqu’en 985, son dernier titulaire, Ansfrid s’en dessaisit au profit de l’Eglise de Liège, à l’époque dirigée par Notger (972-1008). Désormais, le comté de HUY partagera les destinées de la principauté de Liège.
Alors, le climat commercial décelable dès l’époque mérovingienne alla en s’amplifiant. La prospérité urbaine, marquée par l’extension de zones d’habitat, en particulier sur les bords du Hoyoux où s’installèrent tanneurs, foulons, chaudronniers, menuisiers, donna bientôt aux marchands représentant l’élément « moteur » de la cité une conscience collective de leurs droits. Ainsi obtinrent-ils du Prince-Evêque Théoduin de Bavière, en échange de la moitié de leurs biens meubles pour financer la reconstruction de la Collégiale Notre Dame de HUY, une charte de libertés qui, en 1066, était la première du genre en Europe occidentale.
Aux XIIe siècle, avec l’extension du marché extérieur et intérieur, c’est surtout la batterie, fabrication artisanale, à partir du minerai exploité en Germanie, de toutes sortes de récipients en cuivre et en laiton, qui fera la prospérité de HUY.
Cette production s’accompagne dans le domaine des arts du métal et des émaux, d’une efflorescence d’artistes qui occupent une place de choix dans l’histoire de l’art européen. Les noms de Renier de Huy et de Godefroid de Claire ont depuis longtemps dépassé nos frontières ; l’un pour les fonds baptismaux de l’Eglise Saint-Barthélemy à Liège et l’autre, notamment, pour les superbes châsses de Saint Mengold et Saint Domitien du Trésor de Notre Collégiale.
Sur le plan religieux, la fin de la première croisade (1095-1099) amène sur nos terres le célèbre prédicateur, Pierre L’Ermite, qui fonde le monastère de Neufmoustier, tandis que, en « Clair Lieu », se crée le couvent qui deviendra la maison mère de l’ordre des Croisiers.
Aux XIIIe et XIVe siècles, la vie économique de la Ville repose en premier lieu non plus sur la batterie mais bien sur la draperie qui prend son essor le long du Hoyoux, vers le Condroz. C’est dans ces lieux que HUY se développe, et de là que ses produits rayonnent à travers toute l’Europe ainsi qu’en témoigne notamment la découverte de monnaies hutoises en Scandinavie et en Russie.
A cette époque, le château devient une puissante forteresse, servant de retraite aux princes liégeois en conflit avec leurs sujets, il fut considérablement agrandi, aménagé, bardé de tours et de murailles supplémentaires, mais aussi embelli et ses salles richement ornées.
Ainsi, le pape Grégoire XII (1325-1417) de passage dans notre région ne peut-il que s’émerveiller devant notre cité et son impressionnant défenseur sur le piton rocheux.
HUY devint alors une ville de plaisirs et vit se déployer dans toutes leurs splendeurs le faste et l’opulence de la Cour de Bourgogne. Le Duc lui-même, Charles le Téméraire, restaura intégralement le château après sa prise de Liège en 1468.
C’est de ce XVe siècle que date également le choix, significatif, de la forteresse médiévale comme emblème héraldique de la ville.
Au siècle de Charles Quint (XVIe), HUY connaît encore des heures dorées sur le plan économique : la draperie poursuit sa croissance tandis que se développe considérablement la papeterie et, surtout, la métallurgie du fer. Ces activités assurent rapidement à nos artisans une excellente réputation bien au-delà de nos frontières et donnent au commerce hutois une ampleur remarquable.
Mais l’éclat de la brillante destinée que connut la ville jusqu’alors va progressivement se ternir : HUY devint victime de sa situation stratégique. La prise du château par les troupes hollandaises du gouverneur de Breda, Héraugière, en 1595 eut une résonance européenne.
Et même si la culture de la vigne atteint son apogée au XVIIe siècle, surtout sur les coteaux bien exposés de la rive gauche et de Statte, et que plus de 60.000 litres de « Briolet » sont produits en 1677 distribués pour le plaisir de tous, tant dans les pays voisins que chez nous, ce siècle n’en fut pas moins pour HUY un véritable siècle de malheur.
La forteresse, dont la défense fut encore renforcée, eut à soutenir de nombreux sièges (douze en trente ans !…), le passage des armées hollandaises, françaises, espagnoles, prussiennes, … apporta des épidémies meurtrières, des dettes énormes furent contractées par la Ville, l’industrie languit, un incendie allumé par les Français en 1689 réduisit en cendres près de 800 maisons !
Cependant, plusieurs couvents s’installent à HUY et le culte de Notre Dame de la Sarte naît et se développe rapidement suite aux « miracles » de 1621, tandis que se déroulent, un peu plus tard, les premières Fêtes Septennales.
En 1715, le traité de la Bavière, marquant un terme durable aux hostilités dans notre région, ordonnait aussi la destruction de notre célèbre « Tchestia », fleuron de l’architecture militaire européenne. Mais c’est toutefois heureux d’être débarrassés des morts, famines, pillages, impôts et exactions de toutes sortes que les Bourgeois hutois demandèrent eux-mêmes qu’il ne restât plus pierre sur pierre de leur forteresse. La démolition commença en 1717 et, durant cent ans, le piton rocheux demeura complètement vierge de toute construction.
Le paysage hutois avait perdu l’un de ses principaux éléments constitutifs en même temps qu’une des « quatre merveilles » de la Ville.
Ce n’est que le 6 avril 1818 que le Prince Frédéric d’Orange assistera à la pose de la première pierre du fort actuel. Le Lieutenant Colonel Ingénieur Camerlinck en avait conçu les plans et les travaux de construction durèrent cinq ans.
Rattaché aux Pays-Bas par le Traité de Vienne, notre pays devait se défendre d’un retour des « Napoléonistes ». Notre fort devait défendre l’accès de la vallée mosane. Sa façade principale est construite en direction du Sud, vers la France. Le piton rocheux fut arasé et la construction actuelle prix la place du vieux château. Seul l’ancien puits du XIIe siècle, amélioré sous Erard de la Marck (1506-1538), fut conservé. Il devait alimenter en eau une garnison de 600 hommes, dont 100 canonniers. Le fort est bâti en quadrilatère aux côtés inégaux à 45 mètres au dessus du fleuve.
Mais en dépit des effets des guerres et des bombardements, HUY put vivre de son commerce et de son artisanat pendant tout l’ancien régime. C’est encore l’essor des activités comme la papeterie, l’orfèvrerie et plus tard l’industrialisation, qui permit au XIXe siècle à plusieurs familles hutoises d’être héritières, dans l’industrie, des fortunes amassées précédemment. Huy fut d’ailleurs surnommée à la fin du siècle la « Ville aux Millionnaires ».
Au pays nouveau qui naquit en 1830 et auquel elle appartenait, la Ville de HUY offrit également un de ses pères en la personne de Joseph Lebeau.
Aujourd’hui, comme depuis ses origines, HUY est installée de part et d’autre de la Meuse.
Rive gauche, Batta, Saint Pierre et Statte étendent leurs bras commerçants vers les greniers de la riche Hesbaye.
Rive droite, les vieux quartiers encore résonnant de leur prestigieux passé s’étirent le long du Hoyoux, s’insinuant jusqu’aux portes du Condroz.


Le « TCHESTIA » et le Fort
Le promontoire rocheux dominant le confluent de la Meuse et du Hoyoux s’est révélé très tôt d’une grande importance stratégique. Les origines du « Tchestia » remontent au moins au IXe siècle.
Agrandi par Raoul de Zähringen, au XIIe siècle, et Jean de Flandre, à la fin du XIIIe siècle, le château eut à souffrir des guerres de Bourgogne et fut restauré dès 1507 par Erard de la Marck.
Ce dernier fit creuser le puits impressionnant, qui existe toujours, d’une profondeur de 90 mètres. C’est à cette époque également que le château prit l’allure que nous lui connaissons par les gravures des XVIe et XVIIe siècles. Cette puissante forteresse fut âprement disputée dans la seconde moitié du XVIIe siècle. Alors renforcée par les forts Rouge et Picard (sur la même crête) et par les forts Joseph (sur le mon Corroy en 1697) et du Sart (au-dessus de Gabelle, en 1705), prise et incendiée une première fois par les Français en 1676, elle connut de 1688 à 1703 des sièges et bombardements successifs, à tour de rôle par les Français et les Impériaux. En 1715, le Traité de la Barrière impose sa destruction. Les travaux débutent en 1717. L’emplacement reste vide jusqu’en 1818, date à laquelle le royaume des Pays-Bas commence la construction du fort actuel qui s’intégrera dans la ligne des défenses mosanes.
En avril 1818, la première pierre est posée par le lieutenantcolonel Cammerlinck, auteur des plans ; l’exécution est confiée au capitaine Anemaet. Le tracé du fort épouse le relief de l’éperon mais nécessite néanmoins des terrassements et l’aménagement d’une plate-forme.
C’est un quadrilatère de grand appareil calcaire, à côtés inégaux, formé de quatre bastions en saillie, réunis par des courtines d’une hauteur moyenne de 17 mètres.
Il abrite jusqu’en 1830 une garnison de 600 hommes dont 100 canonniers. Désaffecté en 1831, le fort devint prison d’Etat en 1848 pour recevoir les dix-sept principaux condamné de Risquons-Tout et leurs complices. Le dernier de ces prisonniers fut libéré en janvier 1855.
En 1880, il fut intégré par le Général Brialmont dans le système défensif de la Meuse.
Pendant la guerre 1914-1918, au cours de laquelle il ne joua aucun rôle militaire, il fut à nouveau utilisé comme prison par les Allemands.
En 1920, il accueillit l’Ecole régimentaire du 14ème de Ligne avant de devenir, en 1932, centre d’attraction touristique.
En 1937, il fut réoccupé par la Défense nationale mais, pas plus qu’en 1914, il ne joua de rôle militaire en mai 1940.
Durant la deuxième guerre mondiale, les Allemands transformèrent le fort en camp de détention : civils français ou étrangers d’abord, puis otages et opposants à l’ « ordre nouveau » et à l’occupation.
Le fort devint ainsi un bagne nazi où séjournèrent plus de 7.000 patriotes : opposants politiques, fermiers récalcitrants aux réquisitions, otages, résistants, réfractaires au travail obligatoire, etc…
Pour plusieurs centaines d’entre eux, le fort ne fut qu’une étape, un centre de triage vers les trop célèbres camps de la mort lente : Dachau, Auschwitz, Neuengamme, Vught, Buchenwald et les autres.
Le 5 septembre 1944, au matin, les Allemands libérèrent les détenus par petits groupes et, à midi, les grilles étaient ouvertes. Les inciviques remplacèrent bientôt les résistants et, dès le 12 septembre, le Ministère de la Justice installa au fort un centre d’internement qui ferma définitivement ses portes en 1946.
Depuis, racheté par la ville en 1973 pour le franc symbolique, le fort est devenu un centre touristique incontournable.

Remerciements à la Liègeoise de Namur

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La Croisade :

1. La Maison Batta
La Maison Batta est un ancien refuge de l’abbaye du Val Saint-Lambert. Dans ce remarquable ensemble de bâtiments, on peut distinguer trois périodes de construction d’influences bien déterminées : le bâtiment de gauche est le plus ancien – il date de 1585; son décor est inspiré par la Renaissance française et italienne ; la tour voisine de plan carré est un peu tardive et est marquée par l’influence de la Renaissance flamande ; quant à l’aile de droite, elle date de 1645 et est de style traditionnel Renaissance mosane.
2. La Statue de Colin Maillart
Jehan Coley Malhars (Jean Colin Maillart) était un maçon qui acquit une renommée dans les tournois et s’illustra par sa vaillance dans une guerre qui opposa le Comte de Louvain, parent du Comte Ansfrid, frustré de la cession du Comté de Huy à l’évêque Notger ; adoubé chevalier, il reçut le surnom de Maillart en souvenir des exploits accomplis avec son marteau d’acier ; il devint aveugle sur le champ de bataille. Quand au jeu du même nom, il existait déjà paraît-il dans l’Antiquité et est sans rapport avec le héros.
3. Le Cloître de Neufmoustier
Pierre l’Ermite fût promoteur de la première croisade (1096-1099). De retour de Terre Sainte, avec quelques compagnons, il fonda un prieuré par la suite élevé au rang d’abbaye de chanoines de l’Ordre de Saint Augustin. De ce vaste ensemble qui comprenait une monumentale église, les quartiers abbatiaux et leurs dépendances, ne subsiste que deux ailes du Cloître de Neufmoustier.
Une statue fut élevée en l’honneur de Pierre l’Ermite en 1857 ; sous laquelle, dans un caveau, gisent ses ossements.
4. Le Château Vierset
Il fut construit vers 1875 sur les plans de l’architecte Vierset-Godin, restaurateur de la Collégiale. On peut remarquer Lucifer aux ailes déployées qui supporte la loggia.
5. La Collégiale
A) Le Bethléem
Contigu au chevet de la Collégiale se dresse le portail dit « du Bethléem », probablement du milieu du XIVe siècle. L’ogive centrale dont le tympan s’orne de scènes relatives à la naissance de Jésus, est consolidée par deux ogives latérales récentes (fin XIXe siècle). Deux sections d’arcs en V subdivisent ce tympan en trois parties : ogive de gauche : Nativité et Annonce aux Bergers, ogive centrale : Massacre des Innocents, ogive de droite : Adoration des Mages.
B) La Collégiale
La collégiale gothique actuelle fut bâtie à partir de 1311 en plusieurs campagnes de travaux : le choeur fut consacré en 1377 mais la décoration des voûtes ne fut achevée qu’au début du XIVe siècle (1536). En 1803, la foudre détruisit la flèche de la tour occidentale qui ne fut jamais reconstruite. Cette tour est ornée d’une rosace de style rayonnant, le rondia, la plus grande rosace de ce style en Belgique. Son diamètre est de 6 mètres, il est de 9 mètres si l’on y comprend les pierres moulurées qui forment son encadrement.
De la construction romane subsiste la crypte, seul vestige de l’église construite au XIe siècle par Théoduin de Bavière, Prince-Evêque de Liège. Pour construire cette église, Théoduin de Bavière sollicita des Hutois une aide pécuniaire.
Ceux-ci cédèrent au Prince-Evêque le tiers puis la moitié de leur capital commercial et industriel. En échange, le Prince-Evêque leur octroya une charte des libertés urbaines, la plus ancienne que l’on ait conservée pour l’Empire germanique (1066). Cette crypte présente, à l’abside centrale, un Christ en croix du XIIe siècle.
La tour occidentale abrite un prestigieux trésor dont les pièces principales sont quatre châsses des XIIe et XIIIe siècles (celles de St Domitien, St Mengold, N-D et St Marc), ainsi que la croix et le calice de Théoduin de Bavière (XIe siècle).
6. L’Eglise Saint-Mengold
Implantée au coeur de la vieille ville, dans le cadre poétique et reposant de la Place Verte, l’Eglise Saint-Mengold, désacralisé depuis 1979, est une construction gothique en calcaire de Meuse remaniée à diverses reprises mais datant peut-être pour l’essentiel de la 2ème moitié du XVe siècle.
Dédiée à Saint-Mengold, prince anglais selon la légende, qui devint 9ème comte de Huy et second patron de la ville après son assassinat en 909, cette église a remplacé, probablement au XIIe siècle, un oratoire dédié aux Saints Timothée et Symphorien.
7. Le Cloître des Frères Mineurs
En 1225, les Frères mineurs établissaient au pied de la rue Cherave leur premier couvent. Ils ne devaient l’occuper que peu de temps.
En 1234, un riche seigneur, Hubin de Saint-Martin, leur offrit la colline de la rue des Chevaliers (l’actuelle rue Vankeerberghen) pour leur permettre d’y élever un monastère mieux approprié à leurs besoins. La nouvelle construction fut achevée vers 1240. Modifiée à plusieurs reprises, elle fit place à partir de 1662 aux bâtiments de style Renaissance mosane que nous admirons aujourd’hui et qui sont l’oeuvre de l’architecte hutois Servais de Harre.
Le couvent des Frères mineurs fut en son temps un des plus importants de la ville ; son église était une des plus belles du pays tant par son architecture que par sa décoration intérieure, il n’en subsiste malheureusement que deux baies de style ogival rayonnant.
La cour intérieure, entourée d’un cloître dont d’élégantes colonnes supportent la voûte, est particulièrement intéressante.
Sur les côtés des arcs de plein cintre qui relient les colonnes, de même que sur les clés de voûte de la galerie, on remarquera une série d’armoiries dont plusieurs appartiennent à de vieilles familles hutoises. Les nobles et les bourgeois de la ville et des environs considéraient comme un honneur de pouvoir inhumer les leurs dans l’église des Frères mineurs ; aussi y voyait-on les pierres tombales de nombreux personnages de marque.
Anciennement, le couvent jouissait du droit d’asile : tout malfaiteur qui parvenait à s’y réfugier se trouvait placé sous la protection des moines et échappait ainsi à la justice civile.
C’est au couvent des Frères mineurs que siégeait au XIVe siècle le Conseil de la ville ; jusqu’en 1666, les onze métiers s’y assemblèrent pour traiter les affaires de la cité.
Au cours des siècles, le couvent mena une vie paisible et sans histoire, échappant aux pillages auxquels les guerres l’exposèrent si souvent. Mais l’occupation française de 1794 sonna le glas de la vie religieuse et les bâtiments furent successivement occupés par les armées, habités par des civils puis servirent de gendarmerie au début du XIVe siècle.
A cette occasion, l’église fut entièrement masquée et transformée en maison. En 1872, la ville racheta l’ensemble.
Après une restauration sérieuse du couvent en 1924, le couvent des Frères mineurs fut affecté à différents services : Justice de paix, dépôt des Archives de l’Etat et Musée Communal.
8. Les Remparts
Rien ne subsiste de la première enceinte de Huy, longtemps supposée de construction sommaire. L’enceinte définitive, dont on a conservé des vestiges notamment rue des Remparts, fut établie à la fin du XIIe siècle, en moellons de grès et de calcaire. Les portes et une bonne partie des murailles disparurent au cours du XIXe siècle.
9. La Maison près la Tour
Presque seul vestige de l’architecture médiévale hutoise, la Maison près la Tour se trouve à l’angle de la rue de la Cloche et de la rue des Frères Mineurs.
Son appellation fait allusion au beffroi qui aurait été situé sur la colline pour dominer la ville. Il ne reste que des traces des fondations de ce beffroi, dont l’existence n’est même pas prouvée. Il y a fréquemment confusion entre la Maison près la tour et le beffroi.
Le beffroi était un monument abritant des cloches devant sonner pour prévenir la population en cas d’alarme. La cloche la plus importante de l’ensemble était surnommée Marie la Hideuse, car elle annonçait toujours des événement calamiteux. On y trouvait cette inscription:
Je suis Marie la Hideuse
Cent mille livres je pèse
Chaque et quantes fois je sonne
Je fais trembler le coeur de l’homme.
En 1406, la cloche s’étant brisée, elle fut refondue et en fit un nouveau bassin pour le Bassinia (encore présent).

10. Li Bassinia
A) L’Hôtel de Ville
OEuvre de l’architecte et maître-maçon Jean-Gilles Jacobs, originaire d’Hermalle-sous-Huy, l’Hôtel de ville remplaça en 1766 la Halle aux Grains.
Modèle classique des hôtels de ville du pays de Liège, il se caractérise par sa façade symétrique couronnée d’un fronton triangulaire au blason de la ville et son perron à double volée d’escalier convergente donnant accès au « bel étage ». Il est coiffé d’une tourlanterne de plan carré abritant l’horloge et le carillon de 37 cloches.
B) Li Bassinia
Cette fontaine de la Grand’Place, érigée en 1406, est considérée comme une des quatre merveilles de la ville. De cette époque dateraient, outre le grand bassin de bronze, les quatre tours à créneaux alternant avec quatre statuettes identifiées comme étant celles de Sainte-Catherine, Saint-Domitien, Saint-Mengold et Ansfrid, dernier comte de Huy.
La tour centrale fut surmontée en 1597 d’une cinquième statuette représentant un personnage soufflant dans une trompe, le « Cwerneu », appelé Guillaume le Corneur, guetteur du beffroi.
Au début du XVIIIe siècle, le tout fut complété par un fer forgé soutenant « l’aigle bicéphale autrichien » et par des bacs de pierre.

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Les Septennales de Huy :

Entre histoire et légende

En 1621, Anne Hardy, une pauvresse, trouve une statue de la Vierge dans le bois du Sart, sur les hauteurs de Huy. Débute à ce moment une période marquée par un certain nombre de guérisons ou interventions dans la foulée desquelles on commencera à parler de miracles. L'histoire nous achemine ensuite au mois d'août 1656. Une sécheresse grave met en péril les récoltes de l'année et annonce donc une disette et par là une grande misère pour la population... Selon les coutumes de l'époque, les autorités décrètent l'organisation de trois processions pour implorer le secours du ciel. La statue de Notre-Dame est descendue en ville et transportée à la Collégiale avec une piété extraordinaire, en la fête du 15 août "comme étant feste de la ville". Le lendemain 16 août, elle est reconduite avec les mêmes fastes en sa chapelle de la Sarte. Or, tandis que la Sainte image pénétrait dans son sanctuaire, un vent d'orage se mit soudain à souffler, des nuages s'amoncelèrent et déversèrent des flots d'eau sur la ville et le pays. Deux semaines durant, la pluie tomba abondamment la nuit, les journées restant sereines. Les moissons furent sauvées et la vigne donna cette année-là un vin extraordinairement bon et délectable.
Des relations enthousiastes de ces événements sont rédigées dès 1656-1657. En reconnaissance à ce bienfait, chapitre et magistrats - pouvoir religieux et pouvoir public - décident de réitérer ces somptueuses célébrations dès l'année suivante et ensuite tous les sept ans.
Les Fêtes Septennales sont nées.

Les Fêtes 2005

Les Fêtes Septennales de Huy trouvent leur origine dans une tradition vieille de trois siècles. Si ces fêtes qui déroulent leurs fastes tous les sept ans ont une origine religieuse et honorent Notre-Dame de la Sarte, leur évolution en fait la fête de tous les Hutois et de leurs invités, au-delà de tous les clivages sociaux, philosophiques ou politiques.
Aujourd’hui, elles conjuguent des manifestations religieuses, de grands événements culturels –colloques, concerts, expositions– et populaires –cortège historique et thématique–, ainsi que des journées d’animation. Centrées sur la semaine du 15 août, elles échelonnent désormais le calendrier de leurs manifestations de mars à septembre. En 2005, les Fêtes hutoises sont placées sous le thème “ Les uns, les autres ” qui sera décliné en conférences, expositions et grands événements festifs.
Le programme ambitieux de ces 51ème Fêtes est conçu et coordonné par l’ASBL Septennales de Huy, soutenue par deux associés structurels, la Province de Liège et la Ville de Huy, par des partenaires publics, institutionnels et privés et une multitude de bénévoles.
Dans un monde tenté par les replis identitaires et menacé par une uniformité réductrice, le besoin est urgent de rencontrer les différences, d’entamer des dialogues constructifs et de jeter des ponts. Entre le Nord et le Sud. Entre nantis et laissés pour compte. Entre les idéologies renaissantes. Si parfois il arrive, dramatiquement, que les uns soient contre les autres, nous n’existons, heureusement, que les uns avec les autres, les uns grâce aux autres, les uns pour les autres.